Images_THEME-1.jpg

THÈME 1

1    2    3    4    5    6    7    8    9    10

COMMENT CONCILIER NOS MODÈLES ÉCONOMIQUES ET NOS RESSOURCES PLANÉTAIRES LIMITÉES ?
EDUC-ECOCIDE_cover-FR.jpg

DOSSIER COMPLET

Format double page
pour lecture

Format simple page DinA4
pour impression

THÈME 1

Format simple page DinA4
pour impression

Comment mesure-t-on si un pays se porte bien ? Les modèles économiques contemporains mesurent la bonne santé d’un pays en se basant essentiellement sur son taux de croissance, c’est-à-dire sur la variation de ses richesses économiques d’une période à une autre. Cette production de richesses est mesurée annuellement par le Produit National Brut (PIB), qui quantifie la valeur ajoutée de tous les biens et services. Économiquement parlant, pour qu’un pays se développe bien, son taux de croissance doit donc être positif et, chaque année, son PIB doit être supérieur à celui de l’année précédente. Satish Kumar nous met en garde face à l’aveuglement lié à cette obsession de croissance illimitée. Finalement, nous risquons de nous occuper du futile, au détriment de l’essentiel.

Même si cet indicateur parait toujours hégémonique, il est aujourd’hui remis en question par de nombreux économistes. Tout d’abord, il ne prend en compte ni les activités essentielles au développement de nos sociétés comme le travail domestique, ni le temps passé à prendre soin de soi, de sa famille et des autres (bénévolat...), ni les couts humains et sociaux, comme le chômage, la pauvreté, les inégalités, le mal-être ou la criminalité. À contrario, il intègre la valeur ajoutée que génère le nettoyage d’une marée noire, la dépollution d’une rivière, la gestion d’une pandémie ou la reconstruction d’un pays après une guerre, reléguant une catastrophe au statut d’aubaine économique. Pour finir, il ignore totalement l’épuisement des ressources non renouvelables et les multiples impacts sur l’ensemble de notre système Terre. Robert Kennedy disait « en bref, le PIB mesure à peu près tout, sauf ce qui fait que la vie vaut d’être vécue. »

À ce sujet, Mathieu Ricard nous alerte sur les limites de notre système Terre. Le concept des limites planétaires nous permet de comprendre l’interdépendance des systèmes de la planète et de nous fixer des limites claires. Les scientifiques ont identifié 10 paramètres majeurs liés aux processus qui régulent notre système Terre (par exemple le climat, le cycle de l’eau, le cycle du carbone...). Ces processus sont intimement liés, interdépendants et en interactions constantes. La pérennité de ces processus conditionne donc totalement la stabilité du système Terre tel que nous le connaissons jusqu’à présent. La moitié de ces limites, comme la concentration de CO2 dans l’atmosphère ou le taux d’extinction des espèces, ont déjà été franchies et d’autres sont dans le rouge. Le Thème 3 développe plus amplement ce concept et amorce la réflexion du franchissement des seuils et des points de basculement.

Jane Goodall aborde la question des ressources limitées sous l’angle de l’empreinte  écologique. C’est un outil de vulgarisation fabuleux. Nous savons que toute activité humaine consomme des ressources et émet des déchets. Depuis 2003, le Global Footprint Networks calcule assez précisément notre empreinte  écologique globale et la compare à la biocapacité de la Terre. L’empreinte  écologique représente la surface dont chacun a besoin sur la planète pour produire l’ensemble de ce qu’il consomme et pour absorber tout ce qu’il rejette, directement ou indirectement. Cette surface est répartie sur l’ensemble du globe (en fonction de la provenance de nos produits), comprend une partie de terres, de forêts (pour le bois et pour la séquestration du carbone émis), de mers et de terrains construits. À l’opposé, la biocapacité est la surface terrestre réellement disponible pour créer de la matière organique utilisable par l’humain ou pour absorber ce qu’il émet. Quand on compare l’empreinte  écologique (ce dont nous avons besoin) et la biocapacité (ce qui est réellement disponible), on s’aperçoit que nous vivons bien au-delà de nos capacités. Dans l’édition de 2021, nous voyons qu’au niveau mondial nous consommons 1,75 fois ce que la Terre peut réellement produire. Si tout le monde vivait comme un Européen, nous aurions besoin de 2,5 Terres et même de 4 Terres si nous vivions tous comme un Belge. Par contre, si nous vivions tous comme un Indien, ce serait l’inverse, la capacité d’une demi-Terre suffirait à satisfaire nos besoins ! En d’autres mots, le 29 juillet 2021, nous avions déjà épuisé l’ensemble des ressources que la Terre peut produire sur une année. Ce « jour du dépassement » (overshootday) est calculé chaque année et nous remarquons que d’année en année, ce jour recule et intervient de plus en plus tôt...

En s’appuyant sur le dépassement de nos limites, Jane Goodall attire notre attention sur le déclin de notre sagesse et sur notre responsabilité transgénérationnelle. Elle cite certains peuples indigènes qui ne décidaient qu’au regard de l’impact que cela aurait sur les 7 générations à venir, alors qu’aujourd’hui, les choix ne se posent qu’à court terme, voire même qu’à l’échéance électorale de quelques années. Animée par une éthique de justice, elle soulève ici « le droit des générations futures » qui vise à protéger la famille humaine et les êtres vivants autres qu’humains.

C’est quand le bonheur ?

Nos modèles économiques actuels oublieraient donc de prendre en compte le bien-être de manière plus générale. Dans le documentaire, Satish Kumar et Olivier de Schutter font partie de ceux qui prônent un changement de modèle. Le premier nous amène à comprendre que ce qui nous occupe actuellement, notre course effrénément matérialiste, n’est que « le glaçage de notre gâteau », et que nous oublions de mesurer l’essentiel : notre bonheur, notre santé, notre bien-être et celui du Monde qui nous entoure et dont nous dépendons totalement. Le second ajoute que les inégalités sont très toxiques, car elles accélèrent les effondrements. Ils s’accordent tous les deux sur l’urgence d’introduire de nouveaux indicateurs à nos modèles sociétaux. L’exemple du royaume du Bhoutan, cité par Satish Kumar, est intéressant. A 16 ans, au moment de son accession au trône en 1972, Jigme Singye Wangchuck, le roi du Bhoutan, proclame que la croissance d’un pays doit considérer son développement dans son ensemble, et pas uniquement d’un point de vue économique, comme le mesure le PIB.

Le concept du BNB, Bonheur National Brut, émerge. En dzongkha, langue du royaume, le BNB signifie « bonheur tous ensemble ». Aujourd’hui ancré dans la constitution bhoutanaise, le BNB analyse 9 domaines de condition de vie : le bien-être psychologique, la santé, l’utilisation du temps, l’éducation, la diversité et les résiliences culturelles, la bonne gouvernance, la vitalité communautaire, la diversité et les résiliences écologiques, et le niveau de vie. Pour chacune de ces variables, un seuil à atteindre est défini, permettant ainsi aux dirigeants d’orienter objectivement leurs efforts pour que les conditions de bonheur soient réunies.

Mathieu Ricard nous pousse à nous interroger sur la notion de « développement durable » qui s’accommode finalement plutôt bien de l’impératif de croissance, mais qui ne remet pas en question le cœur même du paradoxe. En effet, une contradiction existe entre la notion de « durable » et l’indissociable croissance quantitative induite par le « développement ». Il nous suggère un terme plus équilibré : « l’harmonie durable ». Au nom de la survie de l’espèce humaine, il nous invite à nous baser sur de meilleures conditions de vie, en respectant notre planète et tous ses habitants, humains et autres qu’humains. Pour créer et respecter cette harmonie, il nous exhorte à réduire notre consommation galopante et à œuvrer pour une justice sociale en luttant contre les inégalités. Mais ce changement est-il réalisable dans nos modèles de sociétés sans questionner plus en profondeur notre culture commune ? (Le Thème 7 traite de nos capacités de changement).

• Taux de croissance

• Produit intérieur brut - PIB

• Limites planétaires

• Empreinte écologique

• Épuisement des ressources

• Bonheur national brut BNB

• Harmonie durable

TDDE_Hirn-icon.png

DES OUTILS PÉDAGOGIQUES

Empreinte écologique / Footprint Network

Ce calculateur en ligne gratuit permet de quantifier très facilement sa propre empreinte écologique. C’est un fabuleux outil de vulgarisation et d’éveil des consciences à utiliser sans modération ! www.footprintcalculator.org

 

Jeu des chaises / Iteco

Envie de conscientiser aux inégalités sur notre planète ? Cet outil d’accroche mérite une mention spéciale ! Gratuit et entièrement téléchargeable, permet à un groupe (même grand) de vivre activement et de manière frappante les inégalités mondiales entre les répartitions de la richesse (PIB), de la population et de la consommation (empreinte   écologique). Attention, il sera nécessaire de prendre le temps d’échanger les points de vue après avoir vécu ce jeu ! www.iteco.be

 

Sois smart avec ton phone / Laurent Geissmann

Un outil pédagogique complet (livret élève, prof et portfolio) permet de mener une enquête pour comprendre l’ensemble du cycle de vie de nos appareils et leurs multiples impacts. Téléchargeable gratuitement sur www.environnement.brussels

 

Climat Tic-Tac

Jeu de plateau coopératif qui permet en même temps d’en apprendre plus sur les risques encourus, sur les solutions envisageables et sur les connaissances actuelles en matière de changement climatique.

 

DES LIVRES POUR VOUS NOURRIR

Notre empreinte cachée / Babette Porcelijn

Plus des trois quarts de notre empreinte écologique sont invisibles : la partie cachée de l’iceberg ! Découvrez l’impact environnemental qui se cache derrière nos modes de consommation. Tout ce qu’il faut savoir pour vivre d’un pas léger sur la Terre !

Le livre du climat / Esther Gonstalla

L’ouvrage intéressera notamment des enseignants à la recherche de données vulgarisées sur le changement climatique. Au travers de 50 (chouettes) infographies, elle rend accessible ce phénomène complexe aux effets multiformes.

L’atlas du changement climatique / éditions Gallimard Jeunesse

Tout y est, les causes, les conséquences et les solutions pour agir, synthétisées de manière claire, visuelle et actuelle.

RAYON BD

Economix / Michael Goodwin

Cette BD/document d’un nouveau genre explore trois siècles de pratiques économiques. Elle raconte la mondialisation, les grands penseurs, les impasses et les rebonds, l’impact des guerres, des changements climatiques ou des pénuries de ressources.

PUBLICATIONS

Rapport sur les inégalités mondiales / OXFAM ONG

Annuellement mis à jour et publié à l’occasion du « Forum économique mondial » (Sommet de Davos regroupant les individus les plus riches de la planète et les décideurs). En 2022, il pointe l’enrichissement historique des milliardaires tandis que, dans le même temps, une intensification de la pauvreté chez celles et ceux qui étaient déjà en difficulté avant la pandémie.

Millenium Ecosystem Assessment

L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire reste une mine d’informations scientifiques relatives aux conséquences des changements que subissent les écosystèmes pour le « bien-être » humain ainsi qu’aux possibilités de réagir à ces changements : www.millenniumassessment.org

TDDE_Muscle-icon.png

PASSER À L'ACTION

Envie de participer au changement et de rencontrer d’autres cultures ?
Oxfam solidarité

travaille pour la justice sociale et favorise le commerce équitable. Ils participent à des chantiers dans le monde entier. www.oxfam.org

 

Envie de vous impliquer pour un monde plus juste ?
CNCD

En vue de promouvoir un monde juste et durable, l’ONG CNCD coordonne la voix de 90 ONG et vous donne une multitude de possibilités de vous impliquer activement. www.cncd.be